Après deux journées des tournois de qualification de la FIBA Women’s World Cup 2026, les quatre représentants africains vivent une campagne contrastée entre résurrection malienne, souffrances sénégalaises, miracle à construire pour le Soudan du Sud et préparation à géométrie variable pour le Nigeria, déjà qualifié mais attendu au tournant.
Rappel du format et des enjeux de la FIBA Women’s World Cup
Les tournois de qualification de la FIBA Women’s World Cup 2026 se disputent du 11 au 17 mars dans quatre villes hôtes : Wuhan (Chine), Lyon-Villeurbanne (France), San Juan (Porto Rico) et Istanbul (Turquie).
Chaque tournoi réunit six équipes qui s’affrontent en formule championnat (round robin), soit cinq matchs par sélection, avec à la clé les derniers billets pour le Mondial de Berlin.
Au total, 24 équipes sont engagées dans ces Tournois, dont les représentants africains suivants : Nigeria, Mali, Soudan du Sud et Sénégal.
Le Nigeria est déjà qualifié pour la Coupe du monde en tant que champion d’Afrique, mais participe au tournoi de Villeurbanne pour son classement FIBA, préparer Berlin et contribuer à la hiérarchie du groupe.
Dans le tournoi de Wuhan, le Mali se relance et le Soudan du Sud en survie
À Wuhan, le Mali et le Soudan du Sud représentent l’Afrique dans un groupe plus ou moins relevé où figurent notamment la Chine, la Belgique, le Brésil et la République tchèque.
Journée 1 à Wuhan : deux défaites africaines
Le Soudan du Sud ouvre difficilement son tournoi avec une lourde défaite 89-52 face à la République tchèque.
Fortement diminuée par des problèmes de visa ayant empêché plusieurs joueuses de rejoindre le groupe, la sélection ne comptait que huit joueuses sur la feuille de match, ce qui pesait lourd dans la rotation face à une équipe tchèque complète et expérimentée. Domination physique, usure mentale et fatigue accumulée finissent par creuser un écart conséquent, malgré quelques séquences de résistance Sud-Soudanaise.
Le Mali s’incline 81-68 contre la Chine, pays hôte, portée par son public et par un secteur intérieur massif, l’un des plus imposants de ces qualifications avec trois joueuses à plus de 2m.
Les Maliennes livrent néanmoins un match engagé et sans complexe, parvenant par séquences à rivaliser avec une équipe parmi les mieux classées de la hiérarchie mondiale actuelle.
Ce revers reste frustrant mais logique au vu de l’avantage physique et de la profondeur de banc chinoise.
À l’issue de cette première journée des qualifications de la FIBA Women’s World Cup, la République tchèque s’installe en tête du classement grâce à sa large victoire, tandis que le Mali est 4e et le Soudan du Sud 6e, déjà dos au mur.
Journée 2 à Wuhan : le Mali frappe fort, le Soudan du Sud craque encore
La deuxième journée change radicalement la dynamique africaine… du moins pour le Mali.
Les Aigles Dames signent une victoire majeure 77-64 contre la République tchèque, dans un match référence sur les plans collectif et tactique.
Portées par une Maïmouna Haïdara étincelante avec 24 points, 7 rebonds et 4 passes décisives, MVP de la rencontre, les Maliennes imposent leur rythme, défendent dur sur les lignes arrière tchèques et contrôlent mieux le rebond qu’au premier match.
Cette victoire relance complètement le Mali dans la course à la qualification et offre à l’Afrique son premier succès de la deuxième journée à Wuhan.
En parallèle, le Soudan du Sud s’incline 94-79 face au Brésil.
La production offensive est nettement meilleure que lors de l’entrée en lice, preuve d’une adaptation tactique et d’un meilleur partage de balle, mais l’équipe peine encore à contenir l’adresse et la puissance brésiliennes sur la durée.
Avec deux défaites en deux rencontres, la marge d’erreur est désormais réduite à néant pour les Sud-Soudanaises.
Au classement après deux journées, la Belgique prend les commandes avec deux victoires, devant un Mali qui remonte à la 2e place, tandis que le Soudan du Sud ferme toujours la marche.
Projection à trois journées de la fin : chances africaines à Wuhan
Mali : un vrai ticket pour la FIBA Women’s World Cup 2026 à aller chercher
Situé dans le Top 2 après deux journées, le Mali s’est offert un joker précieux pour sa qualification pour la FIBA Women’s World Cup 2026.
Prochain adversaire : la Belgique, championne d’Europe en titre et déjà qualifiée, qui arrive en Chine avec le statut de favorite et une expérience confirmée des grandes compétitions.
Pour espérer valider la qualification, le Mali devra au minimum accrocher une deuxième victoire sur ses trois derniers matchs. À ce stade, le Mali peut être considéré comme pleinement dans le coup, avec des chances significatives de qualification si la dynamique de la 2e journée se confirme.
Soudan du Sud : mission quasi impossible, mais pas mathématiquement perdue
Avec deux défaites en deux matchs et un effectif réduit par les problèmes administratifs en début de compétition, le Soudan du Sud aborde la suite du tournoi en mode survie.
Prochain défi : la Chine, pays hôte, plus armée, plus profonde et soutenue par son public.
Pour relancer sa campagne vers la FIBA Women’s World Cup 2026, le Soudan du Sud doit obtenir rapidement une première victoire pour espérer rester en vie mathématiquement puis enchainer avec une deuxième sur l’ensemble des 3 matchs restants. À ce stade, la trajectoire Sud-Soudanaise ressemble davantage à une quête d’expérience au plus haut niveau qu’à une véritable course à la qualification, même si une surprise n’est jamais exclue sur un tournoi court.
À Lyon-Villeurbanne : Nigeria entre démonstration et avertissement avant les phases finales de la FIBA Women’s World Cup
À Lyon-Villeurbanne, le Nigeria partage son groupe avec la France, l’Allemagne, la Corée du Sud, la Colombie et les Philippines. Les D’Tigress, déjà qualifiées pour le Mondial, jouent surtout pour le rythme, la cohésion et le prestige, mais leurs résultats pèsent sur la bataille pour le Top 4 qualificatif.
Journée 1 : démonstration défensive contre la Colombie
Pour leur entrée en lice dans ces qualifications de la FIBA Women’s World Cup, les D’Tigress dominent largement la Colombie 70-37.
Solides en défense, agressives sur les lignes de passe et efficaces en attaque, elles contrôlent la rencontre d’un bout à l’autre, limitant leurs adversaires à seulement 37 points.
Victoria Macaulay signe 13 points et 6 rebonds, est désignée MVP, incarnant la domination nigériane dans la raquette et la capacité de l’équipe à imposer son intensité.
Dans le même temps, la France, pays hôte, s’offre un large succès 115-66 et prend la tête du classement, devant le Nigeria, deuxième après cette première journée très convaincante.
Journée 2 : coup d’arrêt face à la Corée du Sud
La deuxième journée rappelle cependant que rien n’est jamais acquis à ce niveau.
Les Nigérianes s’inclinent 77-60 contre la Corée du Sud, après avoir été dominées sur les trois derniers quarts temps par une équipe asiatique très disciplinée tactiquement et adroite des deux côtés du terrain.
Après une entame de tournoi parfaite, ce revers souligne quelques fragilités : gestion des temps faibles, lucidité offensive face à une défense bien organisée, et constance dans l’intensité.
Au classement, la France reste leader avec deux victoires et une différence de points impressionnante (+89), suivie par l’Allemagne, également invaincue, tandis que la Corée du Sud et le Nigeria se partagent les 3e et 4e places avec un bilan de 1-1.
Projection : quel Nigeria pour la suite, et qui pour accompagner les D’Tigress ?
Même déjà qualifié pour la FIBA Women’s World Cup, le Nigeria a plusieurs enjeux dans ce tournoi :
- Affirmer son statut de champion d’Afrique face aux grandes nations mondiales.
- Tester des combinaisons tactiques et consolider sa rotation.
- Envoyer un message en vue de Berlin, où le plateau sera encore plus dense.
Sur les trois dernières journées, les D’Tigress devront :
- Réagir immédiatement après la défaite contre la Corée du Sud, pour éviter d’installer un doute.
- Être plus constantes sur 40 minutes, notamment face à la France et l’Allemagne, deux candidats déclarés au podium mondial.
Pour le reste du groupe, la question centrale est : quelles équipes accompagneront le Nigeria au Mondial ?
Dans ce groupe, les Philippines et la Colombie sont en difficulté et semblent pour l’instant loin du niveau requis pour se mêler durablement à la lutte au Top 4 dominé par la France et l’Allemagne.
San Juan : le Sénégal au pied du mur dans un groupe de la mort
À San Juan, le Sénégal évolue dans le groupe le plus redoutable de ces qualifications, aux côtés des États-Unis, de l’Espagne, de l’Italie, de la Nouvelle-Zélande et de Porto Rico.
Journée 1 : choc frontal avec l’ogre américain
Pour son entrée en lice dans ces éliminatoires de la FIBA Women’s World Cup, le Sénégal subit la loi de la meilleure équipe mondiale et s’incline 110-46 face aux États-Unis.
Les Lionnes ont toutes les peines du monde à contenir l’intensité, la densité physique et la profondeur de banc des Américaines, constantes dans l’agressivité des deux côtés du terrain.
Ce revers, lourd, était cependant attendu face à la grande favorite du tournoi et du Mondial 2026.
Au classement après la première journée, les États-Unis s’installent logiquement en tête, suivies par l’Espagne et l’Italie, tandis que le Sénégal occupe la dernière place.
Journée 2 : l’Espagne complique encore la mission des Lionnes
La deuxième journée ne permet pas au Sénégal de se relancer.
Les Lionnes s’inclinent de nouveau, 84-51 face à l’Espagne, confirmant les difficultés d’une équipe en quête de repères dans un groupe aussi dense.
Malgré quelques séquences plus équilibrées, l’écart reste conséquent, illustrant le fossé actuel avec une nation européenne parmi les références du basket féminin mondial.
Après deux journées, le classement se structure autour d’un trio de tête invaincu : États-Unis, Espagne, Italie.
Derrière, la Nouvelle-Zélande, Porto Rico et le Sénégal affichent tous deux défaites et ferment la marche, avec une pression maximale sur les trois dernières journées oû ces trois nations devraient s’affronter entre elles.
Projection : le chemin très étroit du Sénégal pour la FIBA Women’s World Cup à Berlin
Mathématiquement, rien n’est encore perdu pour le Sénégal pour la FIBA Women’s World Cup, mais la marge est désormais extrêmement mince.
Le programme restant est clair :
- Nouvelle-Zélande
- Porto Rico
- Italie
Pour s’offrir une chance réelle de figurer dans le Top 4, le Sénégal devra :
- Gagner impérativement contre la Nouvelle-Zélande puis contre Porto Rico, deux adversaires qui possèdent également deux défaites, ce qui en fait des confrontations directes pour la 4e place.
- Limiter autant que possible l’écart lors du dernier match face à l’Italie, voire créer l’exploit, afin de ne pas être pénalisé en cas d’égalité au bilan.
Le scénario idéal pour les Lionnes :
- 2 victoires contre Nouvelle-Zélande et Porto Rico.
- Une défaite courte (ou un exploit) face à l’Italie.
Compte tenu du début de tournoi, la qualification du Sénégal s’apparente à un défi monumental, mais la configuration du groupe laisse encore une fenêtre étroite ouverte à la portée des lionnes.
À ce niveau, chaque possession, chaque point marqué ou encaissé peut peser lourd dans le calcul final de la différence de points.
Ce qu’il faut retenir après deux journées des éliminatoires de la FIBA Women’s World Cup 2026 chez les équipes africaines
- Le Mali est la bonne surprise africaine du début de tournoi, capable de se hisser dans les places qualificatives s’il confirme sa prestation contre la République tchèque. Une seule victoire suffit
- Le Soudan du Sud paie son manque de profondeur et les problèmes administratifs, mais engrange une expérience précieuse en vue de la suite de son projet et garde toujours ses chances de qualifications bien qu’elles soient très minces
- Le Nigeria rappelle son potentiel de top nation africaine mais doit retrouver de la constance pour peser à Berlin, où le niveau sera encore plus élevé si il veut très bien représenter l’Afrique et demeurer dans le TOP 8 Mondial
- Le Sénégal, enfin, doit transformer l’urgence en énergie positive et viser un 2/3 minimum sur les trois derniers matchs pour rester dans la discussion.
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